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Un adolescent sur six déclare avoir été victime de cyberharcèlement, et un sur huit admet avoir harcelé d'autres personnes. Image générée par IA

Le Parlement européen exige une réponse plus ferme de l’UE face au cyberharcèlement

Le Parlement européen estime que les mesures actuelles sont insuffisantes pour endiguer cette tendance et appelle donc à une législation plus stricte, à une meilleure protection des victimes et à une plus grande responsabilisation des plateformes numériques.

Redacción jeudi, avril 30, 2026 / 19:31

Le Parlement européen s’est penché sur la recrudescence du harcèlement en ligne et appelle l’ Union européenne à une réponse plus ferme . Les chiffres sont alarmants : un adolescent sur six déclare avoir été victime de cyberharcèlement , et un sur huit admet en avoir été l’auteur, ce qui souligne l’ampleur d’un problème qui ne cesse de s’aggraver.

Le Parlement européen estime que les mesures actuelles , tant au niveau national qu’européen, sont insuffisantes pour endiguer cette tendance . Il appelle donc à un renforcement de la législation , à une meilleure protection des victimes et à une plus grande responsabilisation des plateformes numériques afin de garantir des environnements sûrs, notamment pour les mineurs.

Dans une résolution approuvée ce jeudi à main levée, l’assemblée plénière appelle à des sanctions « efficaces et dissuasives » pour les infractions de cyberharcèlement, facilitant le signalement des cas et comblant les lacunes juridiques existantes dans l’UE , dans le but de reconnaître l’ampleur et la gravité du problème.

MESURES PÉNALES ET FAILLES JURIDIQUES

Dans ce contexte, les députés européens demandent à la Commission d’évaluer la nécessité d’une définition harmonisée du cyberharcèlement dans toute l’UE et d’étudier s’il convient de le classer comme un délit transfrontalier.

Elles ouvrent également la voie à l’inclusion des crimes de haine dans la liste des infractions européennes , ce qui couvrirait les cas les plus graves. Par ailleurs, la résolution déplore l’ absence de cadre juridique européen pour la détection des contenus pédopornographiques en ligne et appelle la Commission à agir rapidement afin de garantir que les plateformes numériques mettent en place des mécanismes de signalement volontaire. À cet égard, elles réaffirment que ces entreprises doivent garantir un espace numérique sûr pour les mineurs.

PLUS DE CONTRÔLE SUR LES PLATEFORMES ET UN SOUTIEN PLUS IMPORTANT AUX VICTIMES

Le Parlement insiste sur le fait que les plateformes doivent assumer leurs responsabilités en matière de prévention et de lutte contre le cyberharcèlement . Il met en garde contre certains modèles économiques qui favorisent la propagation de discours haineux, touchant particulièrement les mineurs, les femmes et la communauté LGBTIQ+. Il critique également les systèmes de recommandation hyper-personnalisés, arguant qu’ils alimentent les débats polarisés.

Les députés européens appellent également à une application plus stricte de l’article 28 de la loi sur les services numériques (DSA) , qui vise à protéger les mineurs, exhortent la Commission à clore les dossiers en cours et rejettent toute tentative de réouverture de cette législation. Ils mettent en garde contre l’ utilisation croissante de l’intelligence artificielle pour générer des contenus abusifs, tels que des deepfakes ou des contenus intimes non consensuels, et appellent les fournisseurs à se conformer aux obligations d’étiquetage prévues par la loi sur l’IA. Ils réaffirment également la nécessité d’ interdire les applications de génération de nudité , actuellement en cours de négociation.

Le texte souligne l’importance de renforcer la protection et le soutien aux victimes, d’accroître le financement des organisations qui les accompagnent et d’intégrer le harcèlement en ligne aux stratégies nationales de santé mentale. Il invite également les États membres à privilégier les actions de prévention, d’éducation et de sensibilisation auprès des enfants, des parents et des enseignants, et à transposer rapidement la directive européenne relative aux droits des victimes.

Le cyberharcèlement représente une menace croissante pour la sécurité et le bien-être des enfants et des jeunes en ligne, avec des conséquences graves et durables. Selon le Parlement européen, 92 % des citoyens de l’UE appellent les autorités à prendre des mesures contre ce problème. En réponse, la Commission a présenté un plan d’action spécifique contre le cyberharcèlement en février 2026.

Malgré les initiatives prises dans certains pays, comme l’Irlande avec la loi « COCO », la fragmentation juridique au sein de l’UE reste une réalité.

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