L’ épidémie d’hantavirus détectée à bord du navire de croisière d’expédition « MV Hondius » a mis en lumière les difficultés persistantes de prise en charge des maladies rares lorsqu’elles surviennent dans des espaces confinés et lors de voyages internationaux. Des chercheurs allemands alertent sur le fait que cet épisode révèle une lacune en matière de préparation sanitaire mondiale face aux zoonoses susceptibles de provoquer des problèmes de santé publique transfrontaliers sur des navires aux ressources médicales limitées.
Ce scénario, expliquent les experts, complexifie considérablement le contrôle sanitaire : passagers de différents pays, cohabitation prolongée dans des espaces confinés, assistance médicale limitée à bord et dispersion internationale subséquente des personnes exposées. C’est l’avis de Thirumalaisamy P. Velavan, chercheur en maladies infectieuses, médecine tropicale et génétique moléculaire à l’Institut de médecine tropicale de l’Université de Tübingen, et de Jonas Schmidt-Chanasit, virologue à l’Université de Hambourg et directeur du département d’arbovirologie de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale, dans une perspective publiée dans l’International Journal of Infectious Diseases.
Cette publication coïncide avec l’ opération internationale en cours visant à endiguer l’épidémie liée au MV Hondius, arrivé dimanche dernier au port de Granadilla à Tenerife, où des passagers et certains membres d’équipage ont débarqué et ont été rapatriés. Selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé ( OMS ), confirmé ce jeudi, onze cas ont été recensés, dont trois décès : huit cas confirmés d’infection par le virus Andes, deux cas probables et un cas indéterminé en attente d’analyses complémentaires. L’OMS maintient que le risque pour la population mondiale est faible.
L’analyse de Velavan et Schmidt-Chanasit soutient que cet épisode reflète un problème plus large: la difficulté de détecter, d’étudier et de contrôler les zoonoses rares lorsqu’elles surviennent lors d’expéditions avec des voyageurs de différents pays, une cohabitation prolongée dans des espaces clos et des capacités sanitaires limitées pendant le voyage.
Difficultés de détection et de suivi des cas
Les chercheurs soulignent que ce type d’épidémie crée des « défis spécifiques en matière de diagnostic, de clinique et d’épidémiologie ». Lors d’une croisière d’expédition, les premiers symptômes peuvent être confondus avec d’autres infections respiratoires ou fièvres, et les capacités de diagnostic à bord sont limitées.
À cela s’ajoute un autre problème : le traçage des contacts . Les auteurs expliquent que ce traçage se complexifie encore davantage lorsque les passagers débarquent ou retournent dans leur pays d’origine après leur voyage.
Les experts soulignent également que le virus Andes « est unique parmi les hantavirus » car, contrairement aux autres, « sa capacité de transmission interhumaine est limitée et documentée », notamment par contact étroit et prolongé. L’OMS note également dans sa mise à jour que, d’après les informations disponibles, l’hypothèse de travail suggère que « le premier cas aurait pu contracter l’infection avant l’embarquement, par exposition à terre » et que les éléments actuels laissent penser à une transmission ultérieure parmi les personnes à bord du navire, bien que les investigations soient toujours en cours.
L’OMS assure une surveillance internationale
Du point de vue scientifique, il est nécessaire de mieux coordonner la médecine maritime, les voyages d’expédition, la surveillance dans le cadre de l’approche « Une seule santé » et la préparation aux épidémies afin d’identifier rapidement les infections zoonotiques rares mais à fort impact.
Les auteurs affirment que l’objectif est « d’empêcher que les maladies rares ne se transforment en crises sanitaires internationales ».
L’ OMS a également indiqué que les personnes ayant été en contact avec le navire de croisière continuent d’être surveillées dans leurs pays respectifs, notamment les passagers ayant débarqué à Sainte-Hélène, au Cap-Vert et à Tenerife. Des experts de l’OMS et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ont également été déployés à bord afin d’appuyer l’enquête épidémiologique et de fournir des recommandations avant le débarquement aux îles Canaries.

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